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Entre le travail des enfants et l’état-civil à Darou Khoudouss

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Le conseil rural de Darou Khoudouss s’est réuni le 16 mai 2012 en présence des conseillers ruraux, de l’unicef, de la Maison de Justice de Tivaouane, de l’ONG CREPE de Mboro, de ENDA Jeunesse Action de Thiès. La question de l’état-civil était inscrite au premier point de l’ordre du jour. La Commission Locale de Suivi du Travail des Enfants a effectué à l’occasion une présentation sur le travail des enfant et l’état-civil.

Le travail des enfants a pris des proportions préoccupantes au Sénégal.

En effet, plus d’un enfant sur trois âgés de 5 à 17 ans est économiquement actif selon les résultats de l’enquête nationale sur le travail des enfants.

Cette situation est non seulement une violation des droits des enfants mais compromet leur éducation voire leur avenir.

La région de Thiès est l’une des régions les plus affectées par le travail des enfants.

Selon l’enquête nationale réalisée en 2005 par la Direction de la Prévision et de la Statistique, 29.5% d’enfants âgés de 5 à 17 ans sont actifs dans les secteurs économiques comme l’agriculture (76.9%), le commerce, la restauration et les hôtels (10.5%), les branches manufacturées (7.6%) etc.

L’ampleur de ce phénomène, qui constitue une menace grave pour l’éducation des enfants, montre à quel point son élimination doit s’élever au rang de priorité pour créer les conditions optimales d’un développement économique et social.

Le Gouvernement du Sénégal a exprimé sa volonté politique à mettre un terme à ce phénomène conformément aux engagements internationaux auxquels il a souscrits en ratifiant la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant en juillet 1990 les Conventions fondamentales N° 138 et 182 de l’Organisation internationale du Travail respectivement en Décembre 1999 et en Juin 2000.

Cette volonté politique exprimée lui a valu le soutien, l’assistance technique et l’accompagnement de l’UNICEF à travers son Programme de Partenariat avec le Gouvernement du Sénégal.

La communauté rurale de Darou Khoudoss est une zone semi urbaine qui polarise les établissements humains des alentours.

En raison de la situation de précarité générale dans ce milieu, elle dispose de potentialités au niveau local pour occasionner le développement du travail des enfants dans les activités productives.

Concernant le travail des enfants, nous retrouvons :

  • Des enfants qui exercent des tâches liées aux activités productives non rémunérées de leur propre ménage ;
  • Des enfants qui travaillent pour leur ménage ou indépendamment et exercent des activités productives rémunérées (enfants occupés économiquement).

Ces catégories des enfants maltraités se trouvent à travers les secteurs d’activités qui emploient le plus d’enfant sont :

  1. l’agriculture,
  2. l’élevage,
  3. les travaux domestiques,
  4. le petit commerce,
  5. les métiers,

Par ailleurs, le mariage précoce est encore présent dans certaines localités.

L’évaluation du projet avec le BIT a montré que des centaines d’élèves ne sont pas inscrits à l’état civil.

Plus de 25 élèves parmi les plus brillants n’ont pas pu faire l’examen l’année passé (2012) faute d’extrait de naissance.

Certains vont jusqu’au BFEM ou au Baccalauréat avant d’être recalés parce qu’ils ont présenté des pièces fictives.

  • A cause des problèmes d’état civil, près de 80% des enfants désœuvrés le sont faute de pièces d’état civil et sont ainsi exposés aux pires formes de travail des enfants.
  • La non déclaration des naissances entrainent de graves problèmes non seulement pour la détermination de l’âge des enfants qui est une variable clé dans la lutte contre le travail des enfants mais également pour leur inscription à l’école et leur candidature aux examens qui requièrent la présentation de pièce d’état civil.
  • L’absence de données sur la population qui pose les problèmes de planification pour le développement de la localité.

Ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre du Projet inter-agence BIT/UNICEF, l’UNICEF a appuyé ENDA/JA et Maison de la Justice de Tivaouane à développer des campagnes de sensibilisation des communautés sur l’enregistrement des naissances et Aide et Action pour l’inscription à l’état civil par le téléphone mobile afin de contribuer au relèvement du taux d’enregistrement des naissances dans la région de Thiès.

Aussi, les Comité Départemental pour la Protection des Enfants de Thiès et de Tivaouane ont reçu une formation sur le C4D centré sur l’état civil et développent des activités de communication de proximité pour l’enregistrement des enfants à l’état civil et la déclaration des naissances.

Les difficultés liées à la déclaration des naissances

La rencontre avec les chefs de village a permis d’identifier les difficultés rencontrées dans la déclaration des naissances, les procédures en matière de déclaration des naissances, les déclarants :

  • Déficit de cahier de village,
  • Ignorance de la mission du chef de village par les populations
  • L’inconscience des populations par rapport à l’inscription des enfants à l’état civil,
  • Le problème de l’archivage des registres ,
  • Les cas des enfants en classe d’examen qui risque de ne pas le faire faute d’extrait,
  • Enclavement et éloignement des villages,
  • Insuffisance de registres pour la transcription des déclarations,
  • Problème d’accessibilité des registres non en cours :. en effet, les centres secondaires ne peuvent garder que les registres de l’année en cours au delà de laquelle ils doivent être transférés au centre d’état civil principal au niveau de l’arrondissement pour archivage,
  • Absence de communication soutenue envers les populations en ce qui concerne l’état civil.

Solutions préconisées

  • Installation de comités de protection de l’enfant dans chaque village de la communauté rurale,
  • Appuyer les chefs de village dans la déclaration des naissances,
  • Informatiser l’état civil,
  • Solliciter un conseil rural spécial sur l’état civil,
  • Impulser la collaboration entre les acteurs dans un cadre comme un comité de protection des enfants dans les villages.

Recommandations

  • Mettre en place des comités de protection des enfants en mettant l’accent sur l’état civil dans chaque village,
  • Informatiser l’état civil,
  • Appuyer financièrement et matériellement la commission locale et les comités de protection de l’enfant afin qu’ils puissent être plus efficaces et efficients dans ces actions,
  • Impliquer les acteurs communautaires dans les comités de protection des enfants comme les badienou gokh, les ndéyous daaras, les ASC, les enfants, les Imams, les directeurs d’ et autres relais,
  • Appuyer les Groupement de Promotion Féminine s’impliquer dans la sensibilisation sur l’état civil,
  • Trouver un mécanisme de collaboration entre centre d’état civil et la maternité pour la déclaration des enfants,
  • Organiser des fora de sensibilisation des parents sur l’importance de l’état civil dans l’avenir d’une personne, dans la planification du développement local et national.

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