Justice de proximité

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A l’occasion de la célébration de la Journée Internationale de la Femme, la Maison de Justice de Tivaouane a pris part aux manifestions du 08 mars 2017 avec la table ronde organisée par la Commission Féminine du Dahira Moustarchidine Wal Moustarchidate au quartier Dialo sur le Thème "la femme dans une société en mutuation".

La Journée Internationale de la Femme, officialisée par l’ONU depuis 1977 est célébrée le 08 mars. Une table ronde a été organisée par la Commission Féminine du Dahira Moustarchidine Wal Moustarchidate de Tivaouane avec la présence des responsables Mesdames Fatou Diop, Maïmouna Ndiaye, des membres du Dahira avec une forte présence des hommes, des femmes mais également des filles.

Elle a été modérée par Sokhna Astou Cissé et animée par la Cordonnatrice de la Maison de Justice, Mme Gueye née Aminata Seck et le Professeur en arabe Sokhna Aïda Djité.

L’article 7 de la Constitution du Sénégal stipule que « la personne humaine est sacrée. Elle est inviolable. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger…Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement de sa personnalité, à l’intégrité corporelle notamment à la protection contre toutes mutilations physiques. »

Elle stipule aussi que « le peuple sénégalais reconnaît l’existence des droits de l’homme inviolables et inaliénables comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde. »

Affirmant que « tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes sont égaux en droit », elle considère (article 18) que le mariage forcé est interdit et puni dans les conditions fixées par la loi parce qu’étant une violation de la liberté individuelle.

Elle accorde une attention particulière à la femme en lui reconnaissant (article 19) le droit d’avoir son patrimoine propre comme le mari et le droit de gestion personnelle de ses biens.

Elle interdit en son article 25 toute discrimination entre l’homme et la femme devant l’emploi, le salaire et l’impôt.

Elle stipule en son article 22 que « l’Etat a le devoir et la charge de l’éducation et de la formation de la jeunesse par des écoles publiques et que tous les enfants, garçons et filles, en tous lieux du territoire national, ont le droit d’accéder à l’école. »

Introduisant ainsi le thème « la femme dans un monde en mutation », la Coordonnatrice de la Maison de Justice de Tivaouane a visité les acquis de la femme sénégalaise d’hier à aujourd’hui avant de se pencher sur les avantages et inconvénients du travail des femmes pour enfin décliner les défis et enjeux du thème de la Journée Internationale de la Femme - édition 2017.

Constat : plus ample accès aux services sociaux de base

Comme la terre tourne, le monde a toujours évolué d’hier à aujourd’hui tant au niveau des mentalités, des pratiques, que des équipements. Ceci a contribué à l’amélioration de la condition de la femme par l’allégement des corvées domestiques, certains travaux sont passés du manuel à la mécanique et même à l’informatique.

Il a été constaté que l’eau courante dans les maisons, l’accès à l’électricité ont permis une transformation moins laborieuse des céréales, qui passaient sous les coups des pilons dans les mortiers, sans compter le temps à faire au puits pour la corvée d’eau.

Le ramassage de bois de chauffe, une tâche pénible et dangereuse pour la femme, est allégé par l’apparition du fourneau avec de l’argile « fourneau Diambar » ou encore l’utilisation du gaz butane.

Dans les champs, la houe et la charrue tendent à être remplacées par le tracteur.

Sur le terrain politique, les femmes passent de plus en plus de l’organisation de cérémonies aux postes de responsabilité à des niveaux stratégiques, confortées dans cette position par la loi sur la parité.

De la femme au foyer, le leadership féminin s’est imposé jusque dans des secteurs aux temps réservés aux hommes comme le bâtiment, la mécanique, les forces de défense et de sécurité.

L’existence d’association, de structures militant pour le droit des femmes, des marraines de quartier « Badiène Gokh » et la législation en vigueur favorisent la promotion et la protection des filles et des femmes. Il en est ainsi de la lutte contre le mariage forcé, le mariage précoce, les efforts pour la scolarisation des filles et leur maintien à l’école.

La technologie de l’information et de la communication est favorable aux échanges, à la recherche, au renforcement des capacités, aux transferts d’argent.

Les structures de micro-crédits favorisent l’accès des femmes au financement.

La prolifération des structures de santé de proximité permet de mieux prendre en charge la question de la santé maternelle et infantile.

L’existence d’une justice de proximité permet l’accès gratuit à l’information juridique, le règlement des petits litiges de la vie quotidienne, le règlement de certaines créances comme celle découlant des tontines.

Ce contexte ainsi décrit décharge la femme de certaines lourdeurs et lui laisse le temps de vaquer à d’autres occupations pouvant générer des revenus.

Le travail fait partie de la vie de la femme ; mais quand elle s’active pour avoir une rémunération elle participe à la prospérité de sa famille et même de sa société : c’est pour elle un moyen de se valoriser .

Elle peut participer à l’amélioration de l’environnement dans lequel elle travail en lui faisant bénéficier de ses qualités naturelles de modératrice sociale, de gestionnaire entre autres.

Cependant des difficultés sont prévisibles.

En plus des efforts consentis au niveau du cercle professionnel, la femme, quel que soit le métier qu’elle exerce, retrouve son foyer avec toutes les responsabilités qui pèsent sur elle en tant que fille, mère ou épouse.

Au sein de l’entreprise, la femme pose quelques difficultés : la contrainte de la maternité.
Le droit à l’allaitement laisse à la femme le droit de disposer d’une heure libre le matin, autant de temps pouvant diminuer l’efficacité de la femme dans son travail.

Dans tous les cas les obstacles ne sauraient occulter les nombreux avantages que procure la femme dans la sphère professionnelle.

En effet, l’article 17 de la Constitution stipule que « le mariage et la famille constituent la base naturelle et morale de la communauté humaine. Ils sont placés sous la protection de l’Etat... L’Etat garantit aux familles en général et à celles vivant en milieu rural en particulier l’accès aux services de santé et au bien-être. Il garantit également aux femmes en général et à celles vivant en milieu rural en particulier, le droit à l’allègement de leurs conditions de vie. »

Après avoir visiter la condition de la femme dans le monde en évolution, il importe de voir les enjeux et défis liés au thème de la Journée Internationale de la Femme- édition 2017.

Enjeux et défis des femmes dans une société en mutation

L’édition 2017 de la Journée Internationale de la Femme, ONU Femmes - l’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes - a demandé à toutes les parties prenantes à « Franchir le pas » vers l’égalité entre les sexes avec le thème ainsi articulé :

« les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50 - 50 d’ici à 2030 ».

Pour atteindre cet horizon, des objectifs ont été déclinés :

  • D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un même pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité débouchant sur un apprentissage véritablement utile, conformément à l’objectif de développement durable.
  • D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons aient accès à des activités de développement et de soins de la petite enfance et à une éducation préscolaire de qualité les préparant à suivre un enseignement primaire.
  • Mettre fin, dans le monde entier, à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et des filles.
  • Éliminer de la vie publique et de la vie privée toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles, y compris la traite et l’exploitation sexuelle et d’autres types d’exploitation.
  • Éliminer toutes les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et la mutilation génitale féminine

Revenant à la Constitution qui en son article 1 stipule : que la devise de la République du Sénégal est " Un Peuple - Un But - Une Foi ". Une telle vision ne saurait se concrétiser sans la solidarité à tous les niveaux entre les différentes composantes de la société : homme, femme, enfant.

Dans cette lancée, la femme sénégalaise, se trouvant dans un monde du travail en train de changer, voyant des nouvelles opportunités et perspectives s’ouvrant à elle avec la mondialisation, doit continuer d’être le réceptacle des bonnes mœurs et pratiques laissées par les anciennes, relever le défi de la performance pour assumer pleinement sa place dans la cité.

Pour ce faire la femme doit :

  • Bien gérer le temps pour mieux concilier vie familiale et vie professionnelle.
  • Aller vers l’information, la formation pour renforcer ses capacités afin de mieux encadrer la famille.
  • Développer ses capacités de négociation pour renforcer son partenariat avec les hommes et les jeunes.
  • Cultiver la solidarité au sein de la gente féminine.

C’est par ces mots que la Coordonnatrice de la Maison de Justice de Tivaouane, Mme Gueye née Aminata Seck a terminé ses propos. Après la synthèse effectuée par la Modératrice de la séance, la parole est passée à Mme Kébé née Sokhna Aïda Djitté, Professeur arabe pour élucider le thème au regard de l’Islam.

La femme dans une société en mutation : point de vue de l’Islam

Le Professeur Sokhna Aïda Djité a traduit le thème de la Journée dans la langue arabe avant de considérer qu’il ne peut y avoir de société sans femme.

La place de la femme est prépondérante dans la société et complète celle de l’homme. La femme est la mère de l’humanité.

Dans certaines contrées, avoir un nouveau - né de sexe féminin n’était pas un honneur et certains n’hésitaient pas à l’enterrer vivant. L’islam, avec l’avènement du Saint Coran, a amélioré le statut de la femme ; la sourate 4 - An Nissa est intitulé « Les femmes ».

Le monde est devenu un village planétaire d’où le bouleversent, la perte de repères. La femme perd de plus en plus les valeurs morales pré - existantes du fait que les jeunes filles communiquent de moins en moins avec leurs aînées.

Le Coran a donné des droits à la femme qui doit étudier pour connaître. La femme musulmane doit appendre le Coran pour remplir ses devoirs envers son mari et ses semblables. Seydatouna Aicha, la femme du Prophète (PSL) a toujours prôné l’éducation, elle est une référence pour toute femme.

Le Saint Coran accorde à l’homme tout comme à la femme, le droit de se faire une richesse, mais cette opportunité ne doit pas s’exercer au détriment des missions primaires de la femme comme celle de l’éducation.

Il y a même un savant qui soutient que si le travail de la femme est entrain de perturber l’éducation de ses enfants, elle doit arrêter ou diminuer par conséquent ses heures de travail afin de pouvoir rester à la maison pour bien s’occuper de sa famille.

L’essentiel pour la femme, c’est de conserver sa dignité n’importe où elle peut se trouver, que ce se soit dans son foyer ou dans son lieux de travail et qu’elle ait conscience de la mission qui lui exclusivement dévolue : la maternité.

Le monde est en mutation. Il revient à la femme la charge de l’équilibrer de par ses dons naturels ; par exemple à travers l’allaitement maternel, la femme transmet ses vertus à son enfant.

Le bouleversement observé dans le monde relève aussi du manque d’éducation et de dignité ayant abouti à la dégradation des mœurs. C’est pour cela qu’il importe de mettre l’accent sur l’éducation de base de l’enfant pour qu’il ne subisse pas d’influences négatives.

Dans toute l’histoire de l’humanité, nous pouvons faire référence à quatre figures de femmes emblématiques :

  • Seydatouna -Assia  : la femme du pharaon, pour sa personnalité et sa bonté.
  • Seydatan Mariama  : la mère de Jésus pour sa sainteté.
  • Seydatouna Khadija : la femme du Prophète Mohamed (PSL), pour son assistance envers le Prophète, pour son dévouement envers l’éducation de ses enfants ; elle a pratiqué l’allaitement maternel alors que les femmes de son temps confiaient leurs enfants à des nourrices.
  • Seydatouna Fatima Bintou Rassoul : la fille ainée du Prophète (PSL), qui avait une grande spiritualité, et qui ne se ménageait pas des travaux domestiques comme la pénible corvée d’eau.

Il existe aussi d’autres femmes qui peuvent être prises comme références :

  • Seydatouna Naffissatou : petite fille du Prophète (PSL), était une femme qui pas intéressée par les choses matérielles ; elle a dédié toute sa vie à la religion, partagée entre le jeûne et la prière. Pourtant, elle a eu les moyens de sa subsistance au point de se payer les frais de voyage pour la Mecque effectuant ainsi trente (30) fois le Pèlerinage.

Au Sénégal, il ne manque pas de femmes pouvant être considérer comme des références :

  • Mame Fawade Wélé  : la mère de Seydi El Hadji Malick Sy.
  • Mame Diarra Bousso : la mère de Serigne Ahmadou Bamba Khadim Rassoul.
  • Mame Rokhaya Ndiaye  : la mère de Serigne Babacar Sy.
  • Sokhna Astou Kane : la mère du Khalife Général des Tidianes Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY.

Le Professeur Sokhna Aïda Djitté conclut que la femme peut étudier sans perdre ses valeurs féminines. Quand elle réclame la parité, c’est qu’elle ne mesure pas trop l’ampleur de sa dimension : elle a une place bien meilleure puisque la femme est la Mère de l’Humanité.

La parole est donnée à la Modératrice, qui, après avoir remercié vivement Sokhna Aîda Djitté, a fait la synthèse de son exposé avant de recueillir l’avis des intervenantes.

Prenant la parole, Sokhna Fatou Diop, Responsable à la Commission Féminine a remercié le Dahira Moustarchidine Wal Mourtachidate sous l’égide de son guide Serigne Moustapha Sy ; elle a salué la présence des hommes du Dahira, la cellule des mères, la cellule de cadets.

Elle a rendu hommage aux femmes à l’occasion de la Journée et a remercié la Coordonnatrice de la Maison de Justice de Tivaouane et le Professeur Sokhna Aïda Djitté.

Elle a soutenu que la célébration de la Journée Internationale de la Femme est un événement noble comme la femme joue un rôle incontournable dans la société.

Ce qui explique l’adage « derrière tout Grand Homme, il y a une Grande Dame » et c’est l’occasion de revoir ces Dames qui ont soutenues ces Hommes pour en faire des Modèles.

Du fait, les femmes doivent améliorer leurs comportements, mieux s’occuper de leurs maris, de leurs enfants et mériter davantage la place qu’elles occupent dans la société.

La seconde intervenante est revenue sur l‘importance de la notion de solidarité dans une société. Elle a mis l’accent sur les valeurs civiques et morales dont les femmes doivent être les garantes. Elle a terminé ses propos en faisant remarquer que le gaspillage lors des cérémonies constitue un vrai obstacle pour les femmes qui peuvent travailler dur pendant beaucoup de temps pour gaspiller l’argent durant une seule journée.

L’autre intervenante s’est appesantie sur l’importance de l’éducation des enfants, surtout sur les bienfaits de l’allaitement maternel. Elle finit ses propos en soulignant que dans une société en évolution, il convient de concilier la religion et le virtuel.

Une autre intervenante a souligné que la femme est l’élément productif de la société, sa noble mission est de mettre au monde des enfants. La femme est une éducatrice et comme tout formateur doit être formé, elle doit renforcer ses capacités.
La dégradation des mœurs surtout est due à la démission des parents dans l’éducation de leurs enfants plus particulièrement des mères.

Sokhna Maïmouna Ndiaye, membre de la Commission Féminine du Dahira Moustarchidine wal Moustarchidate de Tivaouane a remercié le Tout-Miséricordieux avant la clôture de la table ronde qui a débuté à 18 h 30 mn avec les prières d’un responsable du Dahira et s’est terminée à 20 h 30 mn toujours avec des prières.

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