Justice de proximité

Sénégal France aden

Le Saccage de Biens Publics Ruine la Nation, la Destruction de Biens d’Autrui Réduit le Progrès !!!
Tous ensembles pour reconstituer les morceaux cassés et faire de notre mieux pour que cela ne se reproduise plus jamais !!!! Mea culpa…

  • Il est toujours plus facile de détruire que de reconstruire. Cela va de soit ! Et lorsque l’on détruit le bien de toute une communauté, c’est à coup sûr qu’on tente de ruiner sa nation !
  • Si les générations s’en étaient prises aux édifices publics à chaque fois que colère leur prenait, ma foi, la République du Sénégal serait érigée sur des ruines !
  • Si les résistants à l’oppression coloniale s’étaient attaqués aux édifices coloniaux, la République n’aurait pas hérité des prestigieux bâtiments de l’AOF !
  • Peut-on réclamer un droit en faisant fi de ses obligations pour bafouer les droits de toute une communauté ?
  • Peut-on atteindre le développement sans se baser sur un état-civil fiable ?
  • Peut-on acquérir le progrès sans accorder importance aux institutions publiques ?
  • Comment une institution vieille de 1904, ayant échappé aux vents de la décolonisation a pu tomber sous les cendres de manifestations pré-électorales de notre temps ?

Si dans d’autres cieux, c’est des désagréments de la nature comme le tsunami, les tremblements de terre qui menacent d’effacer l’histoire de l’homme, au Sénégal tout laisse croire que c’est l’ire de l’homme qui semble faire couler la larve du volcan sur la cité.

En effet, de Kédougou en décembre 2008 en passant par Vélingara en mars 2010, nous n’avons même pas pris le temps de consoler ce citoyen de Tivaouane perdu dans ses pensées face à l’urgence d’obtenir son extrait de naissance :

Aujourd’hui combien sont ils ces natifs de la ville qui n’auront pas à se présenter aux différents concours et examens pour défaut d’extrait du casier judiciaire ?

Aujourd’hui combien sont ils ces natifs de la ville qui n’ont pas pu voyager à l’extérieur du pays défaut de passeport ?

Aujourd’hui combien sont ils ces natifs de la ville qui n’auront pas à pouvoir s’inscrire sur les listes électorales pour défaut d’extrait de naissance ?

Aujourd’hui combien sont ils ces natifs de la ville qui n’auront pas à se présenter aux différents concours et examens pour défaut d’extrait de naissance ?

Et la liste est loin d’être exhaustive.

  • A peine nous nous sommes sentis coupables de n’avoir pu rien faire pour prévenir la dérive...
  • A peine nous nous disions plus jamais ça, que les mairies de commune d’arrondissement de Thiès furent saccagées...!

Phénomène de notre temps ou tendance du moment que de s’attaquer aux biens publics, au patrimoine communautaire pour mettre ses concitoyens dans l’impasse et le désarroi ?

  • Où est passé le sens du civisme et du patriotisme ?
  • Peut-on atteindre l’Etat en agressant ses Institutions ? En tout cas, c’est la Nation qui en sort appauvrie puisque la reconstitution n’est jamais aisée et qu’elle a un coût.

Face à une demande sociale pressante, doit-on se permettre de détruire l’héritage laissé par les anciens pour passer tout notre temps à reconstruire ?

La Mairie est une assemblée locale où se prennent les décisions concernant la ville. Elle est également un centre d’état-civil.

L’état-civil est un droit de la personne qui permet au citoyen de prouver son état, son identité.

Lorsqu’un état-civil est saccagé, c’est à coup sûr que son rétablissement n’est guère pour demain :

- l’existant juridique ne disposant que pour les actes de naissances, la reconstitution doit être organisée par décret présidentiel.

- C’est seulement après qu’est mise en place une commission constituée d’une part du président et du secrétaire, tous deux fonctionnaires de l’administration territoriale désignés par le gouverneur et du maire ou son représentant d’autre part.

- Et cette commission ne se réunit qu’un mois après avoir informé le public par tous les moyens.

- Comme il n’existe pas de dispositions transitoires ou provisoires pour combler le vide partant de la destruction à la reconstitution, le citoyen se trouve dans une situation infernale face à son besoin pressant de prouver son état pour faire valoir ses droits.

La reconstitution devient encore plus difficile dans un cadre où les doubles des registres d’état-civil n’étaient pas régulièrement déposés au Tribunal Régional comme le prévoit la loi.

Dans ce cadre d’ailleurs les responsabilités se situent à des degrés divers :

- Tout d’abord, au niveau de l’Officier de l’état civil qui n’a pas transmis les doubles à temps au lieu indiqué,
- mais aussi au Président du Tribunal Département qui devait veiller au respect des dispositions de l’article 35 du code de la famille
- et enfin au Procureur de la République à qui, il incombe de veiller au respect de l’application de l’article 36 dudit code,
- car, étant tous les deux chargés de la surveillance de l’état civil dans leur ressort.
- Bien entendu, on pense à ceux qui se sont succédé à la tête de ces deux institutions municipale et judiciaire depuis la création de ce Centre d’état civil.

C’est conscient de l’ampleur des dégâts et de l’énormité de la tâche, pousser par un élan d’alerte et de prévention envers les centres d’état-civil encore indemnes, posant les responsabilités de tout un chacun face à l’institution de l’état-civil que le comité de coordination de la Maison de Justice de Tivaouane s’est engagé à ne ménager aucun effort pour que le citoyen puisse rapidement accéder à ses droits sur l’état-civil, et que tous ensemble, nous œuvrions pour un état-civil fiable et sécurisé.

Cela ne saurait passer que par la sensibilisation massive sur l’importance de l’état-civil, les méfaits des saccages et la difficulté de la reconstruction mais aussi par la conjugaison des efforts des différents acteurs sans oublier l’impérative nécessité seule gage de solution pérenne à savoir l’informatisation de l’état civil.

C’est dans ce sens que nous interpellons autorités administratives, judiciaires, élus locaux, hommes politiques, secteur privé, presse, artistes, communicateurs traditionnels, chefs religieux, chefs coutumiers, leaders d’opinion, associations, ONG, organismes internationaux, jeunes, femmes… car un état-civil dans le chaos peut mettre en K.O une Nation.

« Mea Culpa, me sens coupable de n’avoir pu éviter l’irréparable, mais prends toutes mes responsabilités dans la reconstruction de l’état-civil, et compte œuvrer dans la sécurisation d’un état-civil fiable ».

Le comité de coordination de la Maison de Justice de Tivaouane

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